MARS 2013
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Capoeira Capoeira

 

La capoeira, cet "étrange jeu de corps"…


 

Capoeira é defese, ataque, ginga do corpo é malandragem… " (chœur de capoeira)

"la capoeira c’est la défense, l’attaque, la ginga des corps et la malice… 


 

ensemble

1 - La roda


la roda

La capoeira est la seule " scène " où sont réunis dans un espace clos, sphérique (la " roda "), l’orchestre, les acteurs et les spectateurs dans des rôles interchangeables, réciproques.

Tous sont actifs et acteurs, jusqu’au " spectateur " qui à la fois observe avec attention le jeu qui se déroule au centre de la roda, marque le tempo en frappant des mains, reprend le chœur de la chanson et peut, à tout moment, " acheter " (: couper) le jeu et se faire acheter à son tour. Tous forment un tout et chacun peut à loisir jouer, chanter, taper des mains, jouer de la musique.

 

2 - La musique


Berimbau

La véritable portée de la musique, en capoeira, est selon Mestre Acordéon " la couleur du son ". Le Berimbau mène le jeu. Le rythme de combat fait accéder à " un autre niveau de conscience "  et " étend la perception du temps, de l’espace et des mouvements ".

Le berimbau " enseigne " et imprime son rythme aux autres instruments de percussion (pandeiro, atabaque, agogo…) et aux frappements de main (une autre sorte de percussion, finalement, destinée notamment à encourager les joueurs…).

 


Pandeiro

Le berimbau possède aussi son propre langage : Par le passé, une certaine " phrase " musicale jouée au berimbau ( la bien-nommée " Cavalaria ") prévenait les capoeiristes de l’arrivée imminente de la police montée (ou pas). Ils désertaient alors la roda, risquant gros s’ils se faisaient arrêter.

Aujourd’hui encore, quand ce rythme retentit, il faut cesser tout jeu. De même, le rythme " Iuna ", qui appelle un jeu fluide et esthétique, était réservée aux maîtres de capoeira. Le rythme d’" Angola " incite plutôt à un jeu lent, au sol et un rythme rapide à un jeu plus " dur " et vertical. Ainsi la musique intime-t-elle le rythme mais aussi le style de jeu.

 


Tout cela est accompagné par des chants : Une personne entonne un " solo ", en général celle qui joue du berimbau,  et les capoeiristes répondent en chœur. Le répertoire est essentiellement en brésilien, teinté de termes africains et nourri de thèmes " antiques " (l’esclavage, les capoeiristes illustres, des scènes de vie …), et peut également guider ou commenter le type de jeu qui a lieu au cœur de la roda. Ces chants font partie de la tradition de transmission orale de l’histoire de la capoeira et des capoeiristes et font aussi l’objet d’improvisations ou de créations qui enrichissent ce patrimoine.

 

Berimbau, atabaque, pandeiro, agogo


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3 - L’art martial


art martial

Mais cet art qui peut à première vue s’apparenter à une danse -de par son climat musical et son esthétique- est bel et bien " martial ". Il s’agit en réalité de perturber l’espace de son partenaire par des déplacements, des attaques, des défenses, des stratégies, des feintes… Si les coups ne semblent pas toujours atteindre leur but, comme en boxe par exemple, ce n’est pas parce que le coup n’est pas " porté ", mais parce qu’il est esquivé.

Chaque geste participe à un dialogue corporel et appelle une " réponse " de la part du partenaire : A partir du mouvement de base de la ginga, toutes les combinaisons sont possibles. La place est donc faite à l’expressivité, à la créativité et au dialogue, puisqu’il serait illusoire de croire que cette lutte est " chorégraphiée " : Elle est totalement improvisée (même si la mémorisation et l’assimilation comptent) et joue d’ailleurs sur un effet de surprise permanent.

 


4 - L’état d’esprit


La capoeira est totalement imprévisible, c’est pourquoi il n’y a jamais de " gagnant " ni de " perdant " définitifs et que l’on considère moins l’autre comme un  " adversaire " que comme un " partenaire " :

On ne se bat pas contre mais on lutte, on joue avec. C’est également cette ouverture d’esprit qui permet à chacun de développer son jeu dans un état d’esprit non compétitif et non agressif :

 

Aujourd’hui, nul n’est besoin de ressentir le contact d’une lame de rasoir sur sa peau, d’avoir des yeux derrière la tête, de regretter le sang d’une autre personne sur ses mains ou de sentir la chair de poule dans son cou en marchant dans une allée sombre pour découvrir la puissance de la capoeira et pouvoir suivre son chemin. (Mestre Acordéon)

 

Valentao nao existe. " (Mestre Bimba) 

 "Les durs, ça n’existe pas. 

 

 

état d'esprit

 

Aujourd’hui en effet se mêlent dans les rodas des personnes de toutes conditions, de tous ages. Les femmes et les enfants y sont largement présents. Les enfants semblent avoir une appétence naturelle pour ce " jeu ".

 

La capoeira est un art pour les hommes, les femmes et les enfants ; tous ceux qui le souhaitent peuvent l’apprendre. (Mestre Pastinha)

 


 

état d'esprit

La force, la souplesse, la tonicité, l’agilité ou l’amplitude des mouvements se travaillent selon les capacités et le rythme de chacun. La condition physique n’est pas un pré requis, elle vient avec le temps, à force d’entraînement. Il est plus important d’affiner sa vision du jeu que de " gonfler " le volume de ses muscles… La capoeira contribue à développer notamment la psychomotricité, la conception spatio-temporelle, la coordination, l’équilibre, la mémorisation, le sens de la stratégie, la perception du rythme, le contrôle des émotions, etc. Les capoeiristes ne sont pas tous de jeunes athlètes qui rivalisent d’acrobaties, tout le monde peut pratiquer :

 

 

Quem nao conhece a capoeira nao ihe pode dar valor, todos podem aprender, general até doutor" 

(Chant de capoeira)

"Celui qui ne connaît pas la capoeira ne peut lui donner sa vraie valeur, tout le monde peut l’apprendre, le général comme le docteur.

 

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5 - Une école de vie 


etat d'esprit

La capoeira est donc là où l’on ne l’attend pas, à la croisée de tous les antagonismes apparents, paradoxale et singulière : Violence et élégance, danse et lutte, sincérité et malice, sacrée et profane, théâtre et vérité, jeu et triche… Elle transmet à qui veut l’apprendre son histoire, ses mythes, ses messages, ses codes, sa philosophie. La capoeira est non seulement un art martial mais aussi un art de vie.

 

 Capoeira é vida, é amor, nao tem raça, nao tem cor. " (chant de capoeira)

" La capoeira, c’est la vie, l’amour, elle ne connaît ni race, ni couleur.


 

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